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INFORMATIONS GÉNÉRALES - Articles de C. Gomez

Christian Gomez

(Docteur d’Etat en Sciences Economiques et ancien élève de Maurice Allais, Christian Gomez a d’abord suivi une carrière universitaire- Maître de Conférences à l’Université de Rennes - avant de rejoindre en 1983 le secteur bancaire où il a exercé des fonctions de responsabilités importantes dans l’activité de Banque d’investissement d’une grande Institution Financière Internationale tant en Europe – Paris, Londres et Zürich - qu’en Asie - Tokyo et Hong-Kong).



Colloque “Les contributions de Maurice Allais à la Science économique”,
Maison des Sciences Économiques, le 24 juin 2009
QU’EST-CE QUE LA MONNAIE ?
LES COURANTS CONTEMPORAINS ET MAURICE ALLAIS

(en pdf)



CRISE MONDIALE : UNE FAILLITE INTELLECTUELLE ET POLITIQUE
( Version 22/10/2008 )

 

Par les temps qui courent, il ne fait pas bon d’être banquier. Par avidité et appât du gain, ceux-ci auraient pris trop de risques et conduit le système financier à la à la faillite. C’est là réécrire déjà l’histoire d’une manière bien sommaire, car les vrais responsables sont d’abord ceux qui ont créé le système qui a pu laisser libre cours aux « esprits animaux » des banquiers d’investissement et « traders » de Wall Street et d’ailleurs, et à tous leurs nombreux suiveurs dans les directions d’entreprises… Voyons donc quels sont les vrais fauteurs de faillite !

Première faillite : la science économique dominante

Depuis 20 ans, des gourous qui sont à la science ce que les sorciers sont à la médecine nous assènent des « vérités » dont les fondements empiriques sont quasi-inexistants : les quantités de monnaie et de crédit n’ont pas d’importance ; les agents économiques forment leurs anticipations indépendamment de leurs expériences passées et d’une manière rationnelle ; les marchés sont efficients ; la conjoncture économique peut être régulée par les seuls taux d’intérêt réels ; les marchés ne se trouvent jamais mieux que laissés à eux-mêmes (laisser-fairisme)… On avait déjà vu à l’œuvre ces théories dans la plus grande catastrophe de l’histoire économique (le passage de la Russie à l’économie de marché). Force est de dire que ces économistes portent une part écrasante dans la formation des élites et le climat intellectuel qui ont conduit aux autres faillites.

 

Deuxième faillite : Les autorités politiques

 

De ce point de vue, l’échec est multi-dimensionnel.

 

Une mondialisation sans règles aux conséquences désastreuses :

Fondé sur une théorie correcte mais inadaptée, la théorie des coûts comparatifs de Ricardo, et sans tenir compte de la foire d’empoigne que représente le système monétaire international aujourd’hui, le processus de mondialisation qui a débuté réellement au début des années 90 a conduit à une désarticulation accélérée de l’industrie des pays industrialisés et à une forte pression sur les revenus des ménages, en particulier les catégories les plus fragiles. Pour maintenir la croissance, les gouvernements ont vu dans les politiques monétaires expansionnistes et l’accroissement de l’endettement des ménages des échappatoires dont ils n’ont cessé de vanter les mérites jusqu’à une date récente.

 

Un Système monétaire international à vau-l’eau :

 

Avec un dollar à la dérive, soumis aux aléas des politiques menées par les Etats- Unis à des fins intérieures, et face à des pays émergents cherchant à renforcer leurs avantages de coûts par des dévaluations ultra compétitives avant de s’arrimer au dollar, aucune autorité n’a pris la mesure des conséquences des évolutions constatées en termes de commerce international et de création de liquidités. Elles ont ainsi préféré pratiquer une politique de « benign neglect » dont elles porteront l’entière responsabilité devant l’histoire.

 

Un système bancaire totalement débridé :

 

Les Banques ont fait des profits considérables pendant cette période (plus de 50% des profits entreprises aux Etats-Unis) avec des taux de rentabilité du capital après impôts ahurissants (plus de 20%), soulevant parfois la réprobation générale devant le train de vie des dirigeants ou les bonus extravagants. Mais à aucun moment, les autorités ne se sont interrogées sur les causes réelles de ces faits extraordinaires et les risques encourus. Ainsi, elles ont laissé se constituer d’énormes conglomérats bancaires dont le sauvetage apparaît maintenant au-delà des possibilités des Etats (too big to save) ; elles n’ont aucunement veillé à renforcer la concurrence interbancaire et ont laissé se constituer des oligopoles entre ces mastodontes, dont le plus ancien et le plus célèbre est celui que constituent les firmes de Wall street ; elles ont avalisé toutes les réformes de « libéralisation » réclamées par les banques sans aucun esprit critique. Tout cela, sans que l’on puisse dire que le secteur financier, tel qu’il s’est développé, ait vraiment aidé à la croissance. Peut-être même peut-on soutenir le contraire…

 

Troisième faillite : Les politiques monétaires

 

Il s’est produit à partir de 1995, sans doute en liaison avec les premiers effets de la mondialisation, une rupture dans les politiques monétaires, qui apparaît avec évidence à l’analyse du graphique ci-contre. Délaissant tout contrôle par les réserves bancaires, une nouvelle politique à été mise en œuvre, dite « objectif d’inflation » (inflation targeting) qui consiste à convaincre les acteurs économiques de la crédibilité des autorités monétaires dans leur volonté de tenir un objectif d’inflation basé sur un indice dit « core inflation » (prix hors prix alimentaires et énergétiques). Pour ce faire, les autorités monétaires ont cherché à convaincre le marché qu’elle réagirait sans faiblir par une manipulation adéquate des taux d’intérêt à toute divergence par rapport à l’objectif de 2% de « core inflation ». En fait, tout dans cette politique est absurde. Absurde lorsque l’on sait que l’inflation est un indicateur en retard sur la conjoncture économique et donc que toute action en fonction de ce seul critère risque d’amplifier le cycle et non de l’amoindrir (cas de Mr Trichet depuis le début de la crise). Absurde car, pendant que ces autorités montaient la garde derrière cette nouvelle « Ligne Maginot », l’indice « core inflation » fortement biaisé à la baisse par l’arrivée des pays émergents (Chine) sur les marchés de produits manufacturés, le monde était submergé de liquidités et tous les marchés d’actifs et de marchandises (immobilier, actions, obligations, produits alimentaires et énergétiques) explosaient.


Quatrième faillite : Les Autorités de Contrôle

 

Elles sont aujourd’hui vilipendées mais pas toujours à bon escient. Leurs fautes sont certes lourdes : inconscience devant le risque de liquidité résultant du grossissement démesuré des bilans bancaires ; cécité complice devant le développement du « système bancaire fantôme » (shadow banking system) ; manque d’esprit critique concernant les « nouveaux » produits devant les raisonnements probabilistes « impeccables » de jeunes gens choisis parmi les plus brillants des Ecoles d’Ingénieurs. Cependant, on ne peut leur reprocher ce qui était plutôt du ressort des Autorités Monétaires. En regardant la qualité des actifs bancaires actifs par actif et en faisant dépendre la couverture en capital de la nature des transactions, elles étaient bien sûr incapables de prendre en compte la résultante de toutes ces actions, c'est-à-dire le risque de crise systémique. Chaque crédit hypothécaire considéré en lui-même peut apparaître sain. Mais, un empilement des mêmes crédits, qui pousse les prix de l’immobilier à 40% au-dessus de leur niveau d’équilibre de long terme, remet en cause nécessairement la solidité de l’ensemble et, finalement, la rationalité de l’ensemble des décisions prises. Or, le contrôle d’une telle situation n’entre pas dans le champ des Autorités de Supervision et c’est le point essentiel pour expliquer la crise d’aujourd’hui.

Conclusion

Ainsi, cette crise, au-delà de ses effets visibles par tous, révèle en fait un problème d’une gravité extrême, l’invalidation des schémas de pensée qui ont fondé les principes directeurs de l’action au cours de la dernière décennie. Il faut bien sûr prendre des mesures d’urgence à court terme pour parer au plus pressé, mais il faut surtout se préparer à une refondation générale de notre système économique et regarder l’avenir avec des idées neuves ou, à tout le moins, plus solidement établies que celles qui nous ont menés à la catastrophe.


 


Pour sortir de la crise, il faut restaurer le pouvoir régalien


Prix Nobel d'économie, Maurice Allais a depuis longtemps averti contre le risque d'une crise économique majeure. Monde & Vie aurait voulu lui demander son avis sur l'actuel krach financier. Souffrant, il nous a mis en contact avec l'un de ses anciens élèves, Christian Gomez, banquier et docteur en sciences économiques, qui porte ici un regard dérangeant sur les origines du mal et avance des solutions possibles.
La crise financière est-elle terminée ?

Non, je ne le crois pas. Aux Etats-Unis
?, il n'est pas dit que les 700 milliards du plan Paulson soient suffisants, car la déflation des prix de l'immobilier devrait se poursuivre et, dans ce pays, une telle situation ne peut se traduire que par une montée des impayés. Jamais un Américain n’acceptera de rembourser un prêt, si la valeur de sa maison est inférieure à ce dernier. En effet, la maison seule est le gage du prêt hypothécaire, sans recours possible vis-à-vis de la personne physique. En outre, l'implosion de la "bulle" du crédit, qui a été un phénomène mondial, va maintenant avoir des conséquences économiques graves et cela va rétroagir sur la sphère financière. Nous ne sommes pas au bout de nos peines..

Les subprimes ont-elles joué le rôle de déclencheur d'une crise beaucoup plus large?

Absolument. Les "subprimes" qui sont des prêts à des gens gue l'on qualifie de "NINJNA" (No Income, No Job, No Asset), étaient la partie la plus pourrie de l'immense pyramide du crédit qui s'est construite au cours des dernières années, tant dans les pays industrialisés, en premier lieu dans les pays anglo-saxons, que dans les pays émergents.

Comment en est-on arrivé là?

En arrière plan de tout ce désordre, il ne faut pas oublier le mouvement désordonné de mondialisation que nous avons connu, qui a eu deux conséquences majeures: une pesée sur le revenu des ménages dans les pays anciennement industrialisés, d'où la nécessité de maintenir à toutes forces la croissance économique par des politiques expansionnistes et les afflux de capitaux dans les pays émergents. A partir de là, on comprend mieux comment s'articulent les trois grands facteurs responsables de la crise actuelle.

Quels sont ces facteurs ?

D'abord, une faillite totale de la politique monétaire menée au cours des 15 dernières années, qui a conduit à ne plus tenir compte de l'évolution des quantités de monnaie et de crédit qui étaient créées par le système financier. Cet échec signe aussi la faillite des courants de la pensée économique qui ont été dominants au cours des 20 dernières années et qui postulaient la rationalité des agents économiques dans leurs anticipations et l'efficience des marchés financiers.

Et les banques ?

Le comportement des banques a été totalement suicidaire. L'abondance monétaire crée l'euphorie et l'euphorie conduit à toujours plus de crédits ... Elles se sont lancées dans une politique d'expansion "tous azimuts", développant les crédits et les spéculations de toutes sortes et tendant leurs bilans jusqu'à J'extrême. Utilisant toutes les possibilités que leur offrait le système de régulation, elles ont pratiqué un "leverage" (rapport du total des actifs au capital) au-delà du raisonnable. Cette crise, c'est aussi la faillite des autorités de surveillance des banques, qui se sont révélées incompétentes et inefficaces. La réalité est que les banques ont pu prêter sans contraintes et utiliser à fond leur pouvoir de création monétaire. C'est d'autant plus grave que le "pseudo système monétaire international" a amplifié encore le problème.

Pourquoi "pseudo système monétaire"?

Parce qu'il n'y a plus de règles au plan international, La monnaie pivot, le dollar, dépend des tribulations des politiques économiques et monétaires américaines, qui ne visent que des objectifs de politique intérieure. Ils ont ainsi pu accumuler des déficits extérieurs sans se soucier des répercussions sur le cours de leur devise. Les Etats excédentaires, profitant de la faiblesse structurelle de cette dernière, se sont liés à lui souvent après de très fortes dévaluations: comme la Chine par exemple. Ils ont pu ainsi cumuler leurs avantages "naturels" en matière de coûts avec une prime très importante résultant de la manipulation de leurs monnaies. Cela n'a pu fonctionner que parce que la zone européenne s'est: montrée très complaisante en jouant le jeu d'un "libéralisme naïf " et en acceptant 1a destruction accélérée de son industrie.

Quelles solutions proposez-vous ?

Toutes les propositions qui sont faite actuellement restent dans le moule des réglementations antérieures issues des traités de Bâle de 1986: augmenter le capital, accroître la réglementation, etc. Toutes mesures qui se sont révélées inefficace car incapables de juguler le risque systémique. En fait, dans la ligne d'Allais, deux axes de réformes doivent être développés.

Sur le plan interne, il faut restructurer radicalement le système bancaire en dissociant la monnaie du crédit. Aujourd'hui, en prêtant ou en ne prêtant pas, les banques maîtrisent la quantité de monnaie en circulation et donc l'économie. Il faut réinstaurer le pouvoir régalien de l'Etat. Pour ce faire, Allais propose de distinguer principalement deux types de banques: les banques de dépôts, dont le rôle serait de gérer les dépôts à vue des agents économiques sans pouvoir faire des prêts et en les couvrant à 100 % par de la monnaie de base (émise par la Banque centrale) ; les banques de prêts qui re-prêteraient les dépôts à terme des clients sans pouvoir faire de la transformation. Un tel système, qui financerait plus efficacement l'économie, éliminerait totalement les effets systémiques que nous connaissons et assurerait une croissance régulière de l'économie.
Au plan international, la première des choses à faire est de fondre l’OMC et le FMI et d'appeler à un nouveau Bretton-Woods
? afin de définir un nouvel étalon-monétaire à la place du dollar et établir un nouveau régime de changes fixes mais ajustables

Le système de régulation interne a-t-il déjà existé?

Non, en dépit des économistes prestigieux qui ont soutenu des approches similaires dans le passé (Irving Fisher et Milton Friedman en autres). Contre elle, il y a le poids des idées reçues et le choc des intérêts. Rendre la création monétaire aux citoyens, sous forme d'une ressource budgétaire, cela ne plait forcément pas à tout le monde, et particulièrement aux banquiers…

Propos recueillis par Antoine Court
Monde & Vie
11 octobre 2008 - n° 801



Une interview dans le quotidien de Genève "Le Temps", samedi 11 octobre 2008.


L'économie mondiale est au bord du gouffre. Tout le monde s'interroge sur la sécurité et la valeur de son épargne et beaucoup subiront demain le chômage et l'angoisse du lendemain. Les pertes économiques et financières promettent d'être considérables. Pourquoi? Une raison de fond: le mode de création monétaire dans nos économies. A l'heure où cette crise marque la faillite quasi-totale de la plupart des schémas intellectuels en vogue au cours des vingt dernières années, le temps est peut-être venu de penser «out of the box» et de proposer des solutions radicalement nouvelles. En l'occurrence, la solution proposée s'inscrit dans une lignée prestigieuse des plus grands
et des vrais économistes libéraux de notre temps: Irving Fisher, l'Ecole de Chicago et Milton Friedman, Maurice Allais...

Peu d'économistes nieront que les causes de la crise d'aujourd'hui résident dans une expansion démesurée des agrégats monétaires et de crédit. En fait, même si celle-ci a donné lieu à plus de débordements que d'habitude, elle ne diffère pas dans sa cause ultime de celles qui l'ont précédée et cette raison, c'est le pouvoir de création monétaire des banques. Pour bien comprendre ce point, il faut résumer le mode de fonctionnement du système monétaire en trois traits:

- Les banques, par leurs opérations de crédit, disposent du pouvoir monétaire, c'est-à-dire du pouvoir de créer ou de détruire de la monnaie;
- La mise en œuvre de ce pouvoir dépend en fait des «humeurs» d'acteurs privés: les désirs conjugués des banques de prêter et des agents économiques d'emprunter;
- De ce fait, l'évolution de la quantité de monnaie en circulation, dont dépendent les fluctuations de l'activité économique et le mouvement des prix, résulte de décisions «privées» et est soumise aux emportements des acteurs économiques.

Par ailleurs, ce système aux origines historiquement frauduleuses distord indûment la répartition des revenus, car le privilège de création monétaire crée une rente, qui n'est pas différente conceptuellement des gains qu'obtiendrait dans son activité une association de faux-monnayeurs qui achèterait des biens et/ou des actifs sur le marché ou prêterait à d'autres personnes avec la monnaie fabriquée.

Vouloir modifier cette situation, c'est d'abord vouloir rendre le pouvoir de création monétaire, et la rente qui lui est attachée, aux seules autorités monétaires et, in fine, à l'Etat, qui retrouverait ainsi la plénitude de son pouvoir «régalien»; ensuite faire en sorte que tous les types d'investissement soient financés par de la «vraie» épargne, c'est- à-dire que le crédit bancaire soit financé par des dépôts d'épargne à maturités fixes sans aucune transformation possible des échéances pour éliminer tout germe d'instabilité.

Pour réaliser cet objectif, un des grands partisans de ce système, le Prix Nobel français (1988) Maurice Allais, a proposé dans de nombreux travaux de séparer les fonctions bancaires en les faisant exercer par des entités distinctes,
principalement:

- Les banques de dépôts, qui ne s'occuperaient que de la gestion des encaisses des clients (cash management), en les couvrant à 100% par de la monnaie de base (banque centrale) et en se faisant rémunérer pour ces services.
- Les banques de prêts, qui recevraient les dépôts à terme/d'épargne et les prêteraient à des termes légèrement plus courts aux emprunteurs.

Les conséquences de la mise en œuvre d'un tel système seraient considérables. Du point de vue de la politique économique, le contrôle total de l'offre de monnaie donnerait des moyens très efficaces de régulariser l'évolution économique et l'inflation, tout en prévenant tout risque systémique. Du point de vue de l'efficacité économique, non seulement la gestion des encaisses serait optimisée par les banques (baisses des coûts) et par les agents économiques (du fait du coût d'usage de la monnaie), mais le rôle régulateur des taux d'intérêt dans l'orientation de l'épargne et la sélection des investissements serait magnifié. Enfin, en ce qui concerne la répartition des revenus, la capture de la «rente» monétaire permettrait d'obtenir une recette budgétaire supplémentaire d'un montant significatif (pour la zone euro, en première approximation, l'équivalent de la moitié de l'impôt sur le revenu pour un taux de croissance de la masse monétaire de 4,5%). Par ailleurs, du fait des caractéristiques du processus de transition du système actuel au système projeté, une large partie des problèmes liés à l'existence d'une dette publique imposante serait réglée, comme nous le montrons ci-après.

Difficile à mettre en oeuvre? Pas vraiment. Dès la décision de réorganisation prise, les banques actuelles seraient invitées à se transformer en holdings bancaires. Pour couvrir les besoins en monnaie de base nécessaires au passage des dépôts à vue dans les banques de dépôts, les techniques les plus simples de la titrisation pourraient être utilisées, parmi d'autres solutions possibles. Les banques actuelles créeraient chacune des structures de titrisation ad hoc auxquelles elles vendraient le montant de créances nécessaires détenues à leur bilan,
le financement étant assuré par l'émission de notes souscrites par la banque centrale. Comme les banques resteront en charge du service de ces créances (recouvrement des intérêts et du principal), aucune interruption des relations clients ne serait à prévoir et, comme ce service serait rémunéré, le compte d'exploitation des banques serait protégé.

Dans la période de transition, on assisterait à un double mouvement conjugué au fur et à mesure du remboursement des créances placées dans la structure de titrisation: d'un côté, la banque centrale, pour éviter tout recul de la masse monétaire, les remplacerait à son bilan par des achats de titres publics; de l'autre, les banques de prêts renouvelleraient à l'échéance les créances initiales à partir des dépôts d'épargne effectués par leurs clients. C'est dans ce processus que se trouve une solution, radicale elle aussi, au problème de la dette publique puisqu'une part substantielle de celle-ci serait absorbée par la banque centrale qui rétrocéderait les intérêts de cette dette à l'Etat sous forme de profit de l'institut d'émission.

Ce système n'a jamais vraiment existé, même si des économistes prestigieux ont soutenu des approches similaires.
Contre lui, il y a le poids des idées reçues sur l'inéluctabilité du système actuel et le choc des intérêts. Rendre la rente de la création monétaire aux citoyens, sous forme d'une ressource budgétaire, forcément, cela ne plait pas à tout le monde et surtout pas aux banquiers... Mais peut-être que les peuples pourraient s'intéresser à un système qui leur assurerait la prospérité, en libérant l'initiative, et la sécurité, en éliminant les «manias» qui ruinent périodiquement nos économies. Et si la refondation d'un nouveau capitalisme passait par là?

 


Date de création : 26/10/2008 @ 12:42
Dernière modification : 05/07/2009 @ 09:13
Catégorie : INFORMATIONS GÉNÉRALES
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